Photo: Daniel Castets - REGARDS DU SPORT- Le torero Mateo JULIAN - Riscle - 01/08/09.

Au sommaire:
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Gamma ou la démonstration de l’impossible.
- iPhone, il ne se passe rien mais tout le monde en parle.
- Un nouveau ministre « photographe » ?
- Comment trouver les voleurs ?
- Pour ceux qui ne connaissent pas la crise.



Gamma, ou la démonstration de l’impossible.
C’est la quatrième fois en quatre ans que l’Agence Gamma se voit appliquer un « plan social » pour « sauver les meubles ». A chaque fois il y eut une diminution des effectifs pour équilibrer les finances. Le but annoncé étant d’assainir pour repartir du bon pied. C’est d’une logique imparable lorsque l’on est dans une situation « normale ».
Je suis certain que Gamma n’existera plus dans quelques mois et que le fonds photos sera racheté par Getty ou Corbis si le Gouvernement Français ne bouge pas.

La révolution technologique:
La photographie, comme tous les « métiers » qui touchent à Internet, n’est pas dans une situation normale. Internet a dynamité la photographie et des requins de la finance ont profité de la situation. Au plan technique, le numérique a permis Internet et Internet a tiré vers le haut toutes les technologies qui lui sont applicables, en particulier la photo numérique. Sans Internet la photo numérique ne se justifie pas. Ca, c’est imparable, l’homme est créatif et il n’en a pas fini d’inventer des trucs qui vont le secouer.
Je ne pensais pas du tout à ça
;-)

La logique financière:
Pour être aussi performant que ses concurrents, en l’occurence les microstocks, une entreprise doit avoir à minima les mêmes structures afin que le ratio dépenses-recettes soit au même niveau. Il y a des microstocks qui font de l’info et des microstocks qui font de l’illustration. Certains font les deux. Ils n’ont pas de photographes salariés, ils sont fournis gratuitement par Monsieur tout le monde et par certains photographes professionnels qui veulent vendre à n’importe quel prix pour croûter. Donc pas de salaire, donc pas de charges.
Au fil du temps, la structure des agence a évolué pour s’adapter aux nouvelles conditions du marché provoquées à la fois par les filaires (AFP-AP-Reuter’s), par Getty-Corbis et par les microstocks. Getty et Corbis se sont débarrassés au fil du temps de la quasi totalité de leurs photographes. Les filaires font de plus en plus appel à des « locaux » non salariés.
- Il existe des structures qui vendent des photos produites par des auteurs photographes et qui n’ont pas de photographes salariés. Elles ont moins d’une demi douzaine de salariés pour traiter et vendre les photos. Les photographes déposent et laissent un pourcentage à l’agence pour couvrir les frais et payer les 2 ou 3 salariés.
- Il existe des structures où il n’y a aucun salarié. Le traitement et la vente des photos sont faits bénévolement.
- Il existe des structures où il n’y a plus de traitement du tout (photo brute, ou retouchée et légendée par l’auteur de la photo) et la vente est réalisée sur un site Internet. Dans certaines d’entre elles, les photographes ont 100% des droits mais payent une cotisation pour payer les frais techniques.
Cela a-t’il pour autant amélioré la situation financière des photographes ?
Non, leurs revenus ont considérablement baissé.
Toutes ces structures ont donc diminué les dépenses pour faire face à la baisse des recettes qui ont plus que diminué, elles se sont écroulées. On les a écroulé par volonté économique pour les tuer et récupérer leurs clients.
Quelle entreprise industrielle pourrait résister à une telle baisse de ses recettes ?
Aucune !
Voilà « l’anormalité » de la situation. Rien ne peut résister à une telle déflation.
Devant un tel hold-up il eut fallu une volonté politique pour défendre le montant des droits d’auteurs. C’est le contraire qui s’est passé. On les a laisser couler pour sauver les diffuseurs qui eux aussi (pas tous) voyaient leurs recettes diminuer.
C’est ce que l’on appelle dans tous les médias, la crise de la presse.
Quant on propose au public des journaux et des magazines qui disent tous la même chose avec les mêmes photos, il ne faut pas s’étonner que l’acheteur aille acheter ailleurs.
Les jeunes n’achètent plus de papier, ils sont déjà tous sur le net. Ca veut dire que dans 10 ans la presse papier est morte.

Internet sauveur des photographes ?:
« On n’est pas parti pour ça » quand on voit la zone de non droit que sont les sites Internet sensés acheter les photos que n’achètent plus la presse écrite et les Magazines.
La loi (le CPI) est bafouée à chaque page, les photos sont payées dix fois moins que sur le papier et la grande majorité n’est pas payée du tout.
Il y a vraiment du ménage à faire.

Petite mise au point:
Il est de bon ton depuis quelques semaines de flinguer Raymond Depardon en lui faisant dire ce qu’il n’a pas dit. C’est une pratique courante.
Je viens de lire l’article de Libération du 31 Juillet dernier et je suis, sur le fond, d’accord avec la conception qu’il a du « statut » du photographe.
On choisit d’être photographe ce qui permet de choisir « d’y aller ou de ne pas y aller ». On choisit le sujet. On choisit la façon de le traiter. On choisit de se donner le temps qu’il faut pour avoir le bon point de vue, la bonne lumière. On CHOISIT.
Quant un photographe devient salarié, il ne choisit plus, il OBEIT.
La dernière manif sur le péron de l’Elysée date du 19 Décembre 2001. Quand il y avait encore quelques indépendants avec une carte de presse.







iPhone , Il ne se passe rien mais tout le monde en parle ...
Rien de nouveau hormis chez Leica, en matière de matériel pro photographique. L’évènement majeur de ces derniers mois est l’arrivée du nouvel iPhone d’Apple, celui qui a failli décapiter le jeune français de Marseille. Le pauvre chéri, heureusement maman était là.
Vingt millions d’iPhones vendus en deux ans sur la planète, deux cents millions d’iPod en 4 ans et voilà qu’une demi douzaine iPhones dont la vitre pète, mais qui continuent malgré tout à fonctionner (ce qui prouve que cela n’a rien à voir avec la batterie) et la presse se déchaîne.
Voilà un exemple significatif du journalisme à la Française. Pas un n’a manqué à l’appel: France Inter, Europe, RTL, TF1, A2, FR3, C DANS L’AIR a même consacré la totalité d’une émission à cet « attentat ».
Mais comment font-ils pour parler tous en même temps d’un truc sans importance, sans intérêt ?
10 « iPod-Phones » défaillants sur 220 millions vendus.
Tout produit industriel a des défaillances. Si nos appareils photos et nos voitures avaient le même taux de fiabilité que l’iPhone, ce serait le pied.
Comment font ils pour penser pareil, décider pareil au même moment ?
C’est magique non ?
Pourquoi 50 journaux ? Pourquoi 15 radios ? Pourquoi 20 chaînes TV ?
Une seul canard, une seule radio, une seule TV, appartenant à un seul homme serait vachement plus rentable, plus pratique, plus efficace.
Fini la crise de la presse.
Ne me parlez plus de la crise de la presse. La presse récolte ce qu’elle sème.

Revenons à
l’iPhone qui, l’air de rien est en train de devenir LE moyen de communication universel. Il est innovant et provoque l’enthousiasme des dévelopeurs. 70.000 logiciels à moins de 10€ ont été fabriqué en 2 ans.
Toutes les grandes sociétés mettent gratuitement à disposition un logiciel spécial iPhone pour ne pas risquer d’être oubliées.
Facile à utiliser, et en plus il est beau et déjà copié par la concurrence qui décidément ne sait pas faire autre chose.
Facile de s’amuser avec. J’en connais qui vont abandonner leur DS. Si si.
Fini de se trimbaler l’ordinateur dans le dos chaque fois que je vais à Paris pour respirer l’air d’Objectif Bastille.
J’ai mesuré pendant ce séjour à la campagne, combien les Français sont accros au Net. Le moindre WiFi gratuit est pris d’assaut du lever du jour à tard dans la nuit. Pour la première fois l’IPhone a détrôné les ordinateurs portables.
Des sites Internet optimisés pour l’iPhone se multiplient. MM les web-designer il faut revoir votre copie. Vous devez designer pour un écran de 4 pouces car la PUB, c’est là qu’elle va être.
L’iPhone a pour vocation de remplacer l’ordinateur portable de ceux qui bougent toute la journée et pour lesquels le net est indispensable.
il est évident qu’i va falloir procéder à quelques « ajustements ».
Les ventes de portables s’écroulent, celles de l’iPhone s’envolent. Le chemin est tracé. Il ne reste plus qu’a bidouiller un lecteur pour vider les cartes de l’appareil photo et de fabriquer un logiciel qui gère la chose, et c’est gagné.
Le tuyau est plus petit que celui de l’ADSL (surtout là où il n’y a pas la 3G), donc attention aux mails qui dépassent le Méga Octet qui ralentissent la relève du courrier. Ils étaient déjà eliminés par les Ingénieurs réseaux des entreprises, là c ‘est moi qui les élimine volontairement.
Mais, car il y a un mais, là où ça coince, c’est l’insuffisance du réseau 3G dans notre pays. Espérons que cela évoluera car comme d’habitude c’est quand on a soif qu’il n’y a plus rien à boire.






Un nouveau Ministre « photographe » ?
Depuis la dernière Grenouille, il s’est passé un événement d’importance, nous avons un nouveau Ministre de la Culture.
Frédéric Mitterand bénéficie d’un a priori favorable de la part des français et les photographes ne pouvaient rêver mieux dans le contexte actuel.
Frédéric Mitterand aime la photographie, il la connaît bien, il sait de quoi il parle.
La question est de savoir s’il aura les moyens politiques de la défendre, de la promouvoir.
Défendre la photographie, c’est d’abord défendre ceux qui la font, les photographes. Il sera confronté à deux intérêts antagonistes. L’intérêt des photographes qui sont dans la panade économique et l’intérêt des industriels de la culture et de l’info (j’ai failli dire de la propagande) qui ont intérêt à payer les droits d’auteurs au ras des pâquerettes.
En fait nous sommes comme les paysans (les petits) qui claquent du bec et les grandes surfaces qui diffusent leur production et qui se gavent.
Il y a ceux qui bossent et ceux qui encaissent.
Ca ne va pas être facile. Il va falloir lui donner un petit coup de main à Frédéric.
;-)

- Daniel, tu as vu la petite branlette de Mitterand aux rencontres photographiques d’Arles ?
- ???, Ca commence bien alors !
- Il a donné une conférence de presse et pas une question sur nos galères. Juste une sur le DR et encore parce que l’UPC a fait du bon boulot. Je ne sais qui a posé les questions, certainement des journalistes.
- :-)))


Mon ami a parfois tendance à pousser un peu le bouchon. Je me suis donc tourné vers mes autres amis de photographie.com pour voir l’intégralité de la prestation. C’est
ici.

C’est vrai, et le Ministre en a fait lui même la remarque, la conférence a été très soft. Il a été surpris de n’avoir à répondre à « 
aucune question désagréable ». Les droits d’auteurs sont divisés par trois et pas une seule question sur le sujet. Les photographes doivent être masos. C’est vrai que la création doit se faire dans la douleur...
Encore encore, c’est bon c’est bon !


Frédéric Mitterand a indiqué (entre autre):
- Que la Photographie était un Art majeur de notre temps que tout le monde pouvait pratiquer à tout âge.
- Qu’il fallait trouver une solution à l’utilisation abusive du DR en concertation avec les photographes et les industriels de la culture.
- Qu’il allait créer un « Centre du patrimoine de la photographie » à Arles. Il ne sait pas encore comment le financer.


Cette dernière annonce est importante pour la sauvegarde des millions de photos qui risquent de partir à la benne si elles ne sont pas recueillies.
Juste une suggestion pour financer ce centre. Pourquoi ne pas commercialiser ces photos et partager 50/50 entre l’auteur (ou ses héritiers) et le centre ?
Les services de l’Etat, les collectivités Régionales et Locales devraient avoir obligation de piocher dedans plutôt que « d’acheter » de la m.... aux microstocks américains. Qu’on vienne pas me dire que c’est de la concurrence déloyale vis à vis des agences parisiennes. Elles se foutent complètement de la photo d’auteur, elles veulent du people, rien que du people.

Quant à son indignation justifiée sur l’utilisation abusive du DR, c’est un peu court.
S’il faut absolument faire respecter la loi sur le DR par des mesures coercitives et des sanctions ayant valeur d’exemple pour faire revenir des éditeurs à de meilleurs sentiments en respectant les photographes, c’est insuffisant.
C’est indispensable, mais insuffisant.
Il faut aussi interdire la photo gratuite et fixer un niveau plancher en dessous duquel il est interdit de descendre.
Cette question n’a pas été abordée et pourtant elle est primordiale.
La signature ne nourrit pas le photographe, elle le protège.
C’est le montant des droits d’auteurs qui fait bouillir la marmite.
C’est là qu’on verra si notre nouveau ministre est à la hauteur de nos espérances.
Pour satisfaire les photographes, Frédéric Mitterand devra mettre en oeuvre une politique opposée à celle de Christine Albanel.
Ce n’est pas gagné car notre Président défend ses petits copains de le presse.
Ce n’est donc pas le moment de mollir mais au contraire de remettre le couvert.







Comment trouver les voleurs ?
J’ai volé la photo ci dessous sur le net. Elle appartient à John Macdougall, photographe pour l’AFP qui la faîte lors du Match France-Italie en 2006.


photo volée sans but lucratif, pour la défense des intérêts de l’auteur ;-)

Je ne l’ai pas choisie au hasard. Elle a fait le tour du monde et si John en percevait la totalité des droits auxquels il peut prétendre il pourrait se payer le dernier Leica S2, un Porsche Cayenne, un chalet à Davos et un Yacht à Monaco. J’exagère pas un peu là ?
Si je ne l’indique pas, personne ne saura qu’elle lui appartient.
Comment saura t-il lui même que cette photo a été publiée et où elle a été publiée ?
Comment pourra t-il me facturer cette photo (déc... pas John) par lettre recommandée en me demandant trois fois le coût normal et en ajoutant un dédommagement eû égard au préjudice qu’il subit ?
En effet la quasi-totalité des photos publiées sur le net ne sont pas signées du nom du photographe alors que la loi l’exige.
La simple signature permettrait à Google de trouver une bonne partie des photos volées. On comprend pourquoi les propriétaires des sites « oublient » de les signer.
La dernière excuse trouvée me concernant était, je site textuellement
« Notre site Internet n'est pas techniquement paramétré pour que nous fassions apparaître le crédit photo ». J’ai gardé le mail en question.
Tendre le bras pour voler une orange sur un étalage dressé sur le trottoir sera immanquablement puni. Tendre la souris pour voler une photo et en faire commerce (les sites permettent à leurs propriétaires de draguer les annonceurs, donc des sous) doit être aussi puni.
Si le vol devient la règle générale, autant dire tout de suite que nous ne sommes plus dans un état de droit et que le plus fort tue le plus faible.
Dans la Grenouille du mois de Juin dernier, j’indiquais qu’il était possible de scanner le net afin de trouver les photos suspectées de vol ou tout simplement de faire une recherche. Pour cela il suffisait de fabriquer un logiciel permettant de draguer le jpeg ou le gif comme Google drague le texte.
Une entreprise Canadienne créée par une Française a fabriqué ces logiciels. Il s’agit de PixID et Piximilar dédiés aux entreprises. Une version grand public , TinEye est en ligne et peut être utilisé par tout le monde. Je vous conseille de l’utiliser le matin, quand les américains sont encore au lit. Je vous épargne les explications techniques, seul le résultat nous importe.

Un petit merci en passant à Objectif Bastille, décidément toujours au top.

Mode l’emploi:
- Par un drag and drop, déposez la photo ci dessus sur le bureau de votre ordinateur.
- Allez sur le site
http://www.tineye.com
- Désignez là en cliquant sur « parcourir ».
Attendez le résultat moins de 5 secondes et vous trouverez quantité de photos ainsi que l’URL permettant ainsi d’identifier les sites.




Vous trouverez des photos recadrées ou complètement dénaturées, ce qui montre la puissance de l’algorithme.
Bien entendu, les logiciels dédiés aux entreprises sont autrement plus performants.
Je voulais juste montrer à certains sceptiques qu’en matière de numérique tout est possible. Leila Boujnane, PDG de l’entreprise géniale affirme que la méthode fonctionne aussi pour les journaux et magazines.

Un plugin pour FireFox est disponible pour automatiser la recherche à partir de photos affichées sur votre navigateur, en utilisant le « ctrl-clic ».






Pour ceux qui ne connaissent pas la crise !
Leica a mis du temps pour se lancer dans le numérique. Le premier M a connu des petits problèmes qui témoignaient de la complexité de la technologie numérique et de la difficulté à fabriquer du matériel fiable, réputation de Leica. Passer tu tout mécanique haut de gamme au tout numérique (presque), sans défaut ni panne n’a été aisé pour aucun constructeur.
Là, on peut dire que Leica a largement rattrapé le temps perdu, qu’il a rejoint le duo de tête que sont Canon et Nikon. On peut dire que, sur le papier, Leica fait la pige à tout le monde quant à la qualité du fichier fabriqué par ce nouvel appareil. Bien entendu cela reste à vérifier.
Ce boîtier est à la photo ce que le Porsche-Cayenne est à l’automobile. Beau et puissant.
Comme à son habitude Leica ne cherche pas à damer le pion aux concurrents en pratiquant des « petits prix ».
La philosophie de Leica est de dire (ce n’est que mon avis):
Je suis le meilleur, si vous me voulez, vous payez.
Ce boîtier est accompagné de quatre nouveaux objectifs. A moyen terme il devrait y en avoir une dizaine.
Le prix du boîtier varie de 20000 à 24000 € en fonction des options choisies.
Le cable USB est fourni.
;-)
Disponibilité, Octobre 2009.


Le M a fait rêver pendant 1/2 siècle, le mythe continue.

Photo Leica Camera

- Un capteur CCD KODAK de 30 x 45 mm qui fabrique un fichier de 110 MO.(37 millions de pixels de 6 microns).
- Sensibilité de 80 à 1250 ISO
- 1,5 i/sec - raf de 8 i.
Vous trouverez tout
ici