Photo: Daniel Castets -
REGARDS DU SPORT- Le Cadre Noir de Saumur

Au sommaire:
- Canon 7D, comme de la pellicule ?
- C’est l’heure de faire les comptes !
- La tentation.


Canon 7D, comme de la pellicule ?
C’est en plein « débat » sur le « bruit » du 7D de Canon que j’ai photographié le Cadre Noir de Saumur à Bercy (Paris).
Accompagné par l’orchestre de la Garde Républicaine, le Choeur de l’armée française et le baryton Franck Ferrari, j’ai photographié un superbe spectacle équestre.
Il y a des moments qui marquent dans la vie, celui-là en est un.
J’en profite pour donner un coup de chapeau à la « boîte de com »,
NORTH COMMUNICATION qui a attribué les accréditations mais aussi aidé les photographes dont la quasi-totalité n’avait pas la carte de presse. C’est vrai qu’il n’y avait que des amoureux du cheval.
Gentillesse, efficacité, professionnalisme, c’était autre chose que l’USJSF.
Par contre la lumière, quelle galère. 3200 ISO obligatoires pour avoir le 1/1000 de seconde au 480 mm (300 sur le 7D).
Malgré cela la grande majorité des photos étaient sous exposées d’au moins 1 diaph. Résultat, des tenues noires bruitées et très souvent colorées selon les élucubrations du zozo aux manettes qui devrait changer de métier. En réalité le Cadre Noir n’était jamais noir.
Néanmoins je confirme les résultats de mes tests sur la mire Kodak en lumière artificielle. Si le sujet est correctement exposé, le 7D est aussi bon à 3200 ISO que le 5D et le Mark III et cela malgré ses petits pixels.
Lors des précédents tests j’avais indiqué que le portrait noir et blanc de la cavalière (voir précédente Grenouille) ressemblait à de la Tri X. Ca aussi, je le confirme. Je ne voudrais pas donner aux nostalgiques de la pellicule de faux espoirs et pourtant, le 7D fait des fichiers qui sont très ressemblants à de la pellicule. Ils sont piqués sans avoir recours à l’accentuation, la structure est légèrement granuleuse (le bruit s’est transformé en grain) et il y a du volume. Je ne sais si cela est dû au capteur ou au traitement logiciel, mais le résultat est là. Je précise que je n’ai fait que du RAW développé dans Ligthroom 3 Beta et j’ajoute que ce constat est fait sur écran et que le résultat est toujours différent à l’impression. Je rappelle que je n’utilise que des focales fixes de compétition, indispensables avec un tel capteur.
Donc oui, en lumière artificielle, le 7D donne aussi de très bons résultats.







Photo: Daniel Castets - REGARDS DU SPORT- Le Cadre Noir de Saumur

C’est l’heure de faire les comptes !
Ma tirade sur les prix exorbitants des boîtiers pros Nikon et Canon a suscité quelques réactions.
Vous êtes tous d’accord pour dire qu’ils sont trop chers. De toute façon, tout est trop cher quand on n’a plus d’argent pour acheter.
Si vous êtes d’accord pour mettre « une brique » pour le 7D ou le 300S, vous ne l’êtes plus pour en mettre trois pour le Mark IV ou le D3S.
Pourquoi « la brique » ? Parce que c’était le prix, au temps du Franc, d’un boîtier argentique pro, que l’on changeait tous les 6 ans.
Vous (nous) évoquez la notion de
« qualité-prix du fichier numérique » et non plus qualité-prix du boîtier et encore moins qualité du boîtier.
Ce que l’on peut faire avec une Ferrari, on peut aussi le faire avec une Renault, même s’il y a moins d’accélération.
Cette notion vient du fait qu’aujourd’hui, les boîtiers pros (1D et 1DS) comme les boîtiers dits «semi-pros » (5D et 7D) fabriquent tous des fichiers de grande qualité, grandement suffisants pour faire une superbe double page ou un 40 x 60 cm encadré dans un 50 x 70 cm.
Pourquoi mettre 5000 Euros dans un boîtier qui fabrique la même image qu’un boîtier à 1600 Euros. Nikon comme Canon devraient se poser sérieusement la question, car les photographes professionnels se la posent et, hormis les photographes sportifs argentés (ça court de moins en moins les rues) et les grosses structures, la réponse est toute trouvée.
Ne vaut-il pas mieux acheter un 5D Mark II et un 7D plutôt qu’un 1D Mark IV ?
Ces deux boîtiers complètement différents et donc complémentaires, offrent une palette bien plus étendue en matière de prise de vue qu’un seul 1D Mark IV. Il reste de quoi se payer un superbe 1,4-35 mm ou un 2-135.
Le raisonnement est, bien entendu, identique pour qui est en Nikon.
Ce n’est pas la carcasse qui fait la qualité technique de la photo.
C’est le capteur associé à l’objectif (comme autrefois la pellicule). La carcasse plus élaborée, plus « rapide », ne fait qu’apporter un confort supplémentaire au photographe pour travailler. Ce confort, il se le paye quand il en a les moyens, aujourd’hui il est en train de se demander si ce confort vaut 3 ou 4000 Euros.

Comme me disait un vieil ami Nikoniste à propos de mon Mark III: « 
Canon fait toujours les plus beaux fichiers du monde, mais ils sont rares ». Allusion, bien entendu, à l’autofocus.
Après la qualité du fichier, la deuxième préoccupation du photographe est d’avoir un boîtier qui fait des photos. En effet, s’il n’y a pas de photo, ou pas de photo nette, il ne peut y avoir de belles photos.
Ne pas oublier que l’objectif utilisé a son mot à dire pour « faire net ». Les objectifs de dernière génération ont une très faible course et sont pratiquement inutilisables en manuel, du fait justement de leur faible course (1/4 de tour pour passer de 1m à l’infini). Cela est particulièrement vrai en sport où on n’a pas le temps de faire un aller-retour pour s’assurer de la mise au point. Donc, la technologie, la qualité d’usinage, l’usure, les chocs ont une grande influence sur la mise au point pour faire des images nettes. D’où l’apparition des micro-règlages sur les derniers boîtiers. Aujourd’hui, le photographe est obligé de faire entièrement confiance à l’autofocus, qu’il soit en One Shot ou en AI Servo. Bien entendu, un photographe qui fait de la photo cool (techniquement cool) n’a besoin ni des 10 im/sec ni d’un AF d’enfer. Les besoins d’un photographe de sport qui travaille au 400 mm ne sont pas les mêmes que ceux d’un reporter qui travaille au flash au 16-35 ou au 70-200, et encore très différents du photographe auteur qui travaille le plus léger possible, sans le grip avec quatre ou cinq focales fixes à pleine ouverture et bien entendu sans flash.

« A déguster à l’aveugle » :
Recette,
Choisir 2 boîtiers différents qui ont un capteur identique et dont les usages sont comparables.
Par exemple le 5D Mark II et le 1DS Mark III qui ont un capteur identique et qui sont tous les deux destinés à la mode, au studio ou à l’illustration (dixit le constructeur).
C’est vrai que le plus cher est tropicalisé, mais je pars de l’hypothèse qu’il ne pleut pas dans le studio.

- Vissez un 2-135 (à 1198 €) sur un 5DMark II (à 2500 €) et un 70-200 (à 1998 €) sur un 1DS Mark III à (6500€).
- Photographiez à 2,8 - 5,6 et 8 les mêmes sujets en RAW.
- Développez dans le même bain.
- Montrez ces photos à un collègue qui n’est au courant de rien.
- Demandez lui quelles sont les plus belles.
- Bingo, vous venez de gagner 4000 Euros.
- Vous pouvez ouvrir une bonne bouteille pour remercier votre copain.
Il est donc simple de montrer que la photo à 3698 € est plus belle que la photo à 8498 €. C’est l’objectif qui fait la différence.
Je les vois venir les grincheux qui vont me dire qu’il suffit de mettre le 2-135 sur les deux boîtiers pour obtenir deux belles photos semblables.
C’est évident, mais dans ce cas pourquoi payer 7698 € ce que l’on peut avoir à 3698 € ?
Cela voudrait dire que la carcasse du 1DS vaut 4000 € ? C’est mathématique !
C’est évident puisque les 2 boîtiers ont le même capteur et que la différence, c’est donc la carcasse qui coûte 4000€.
Le 1D Mark III à 3300 € a une carcasse quasi identique à celle du 1DS Mark III. Solide, tropicalisée et tout et tout !
Sachant que si vous envoyez le 1D Mark III en SAV pour changer le capteur, il vous en coûtera 900€, on peut en déduire que la carcasse du1DS Mark III coûte 2400€ (3300-900), normal puisque c’est la même que celle du 1D Mark III.
Sachant que si vous envoyez le 1DS Mark III en SAV pour changer le capteur, il vous en coûtera 1100€, on peut en déduire que le 1DS Mark III devrait être vendu 3500€ (2400+1100).
En réalité il est vendu 6500€
Bien entendu, la démonstration est identique avec les boîtiers Nikon.
Il est donc simple de montrer et de comprendre que Canon et Nikon vendent leur matériel beaucoup trop cher et que les boîtiers haut de gamme ne devraient pas dépasser les 3500 €. Deux briques !
Les prix de ces boîtiers n’ont rien à voir avec la réalité, ils varient comme les cours de la bourse. Une certitude, ce sont toujours les mêmes qui payent.

Mon choix est fait, « je ne suivrai plus; trop, c’est trop ! »:
Lorsque j’ai photographié le saut d’obstacle par un beau soleil d’automne, je me suis dit en comparant la production du Mark III à celle du 7D, que ce dernier valait bien ses 1500 Euros.
Oui l’Autofocus du 7D à 1500€ est meilleur que celui du 1D Mark III à 4500 € (je me répète là)
Il leur reste quoi alors aux boîtiers trop chers ?
Ils sont tropicalisés vous dis-je, TROPICALISES !
Quand il pleut , je ne fais pas de photo, la lumière n’est pas belle, j’attends l’éclaircie. Là, c’est beau.
Photographier, ça veut bien dire « écrire avec la lumière », non ?
Je sais que certains commerciaux me diront:
« tu sais Daniel, il ne faut pas comparer, l’incomparable ».
Vieille rengaine. Oui le 7D est incomparablement bon et incomparablement moins cher.
En période de vache maigre l’incomparable on le compare, par la force des choses.
Si on ajoute à cela le coût faramineux des réparations en SAV, une garantie de 1 an (alors que la norme Européenne est à 2 ans) sur un boîtier qui n’est commercialisé que 2 ans......
Revendre un Mark IV au bout de 2 ans, c’est accepter de perdre 3000 €. La même manip avec un 7D n’occasionnera qu’une perte de 500 ou 600 €. Ce n’est pas pareil.

Oui les photographes ont intérêt à calculer au plus juste, à optimiser, à moderniser, comme disent les grands capitaines d’industries .
Oui aujourd’hui, le photographe indépendant fait ses comptes, il optimise, il se modernise, lui aussi :

« De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » (St Paul aux apôtres)
;-)






Photo: Daniel Castets - REGARDS DU SPORT- Le Cadre Noir de Saumur

La tentation:
«La meilleure façon de se débarrasser d’une tentation, c’est d’y céder ». (Tristan Bernard).
Tu as vu le prix du 7D à la FNAC ?
1401 Euros pour les adhérents, soit 270 Euros de moins que chez les revendeurs spécialisés photographie ?
Il faut noter qu’il est à 1649 € sur le site Internet de la FNAC ce qui en dit long sur les prix réels et les prix fictifs.
Encore mieux, Michel, un internaute à l’affût de tout ce qui est « moins cher qu’ailleurs » a trouvé le 7D à 1320 € TTC (1295 € sur leur site) en Belgique chez un revendeur ayant pignon sur rue (avec 2 ans de garantie). Ca fait 350 € de moins qu’à Objectif Bastille . Michel a acheté le boîtier et, devant le scepticisme général, a publié sa facture sur le net. Trois jours après, le revendeur Belge était en rupture de stock.
Pourquoi ce revendeur vend-il sans marge ? Il paraîtrait qu’il ne vendrait pas à perte car il bénéficierait d’une ristourne de quelques % supplémentaires, fonction du délai de paiement du matériel acheté à l’importateur (Canon Europe et Canon France). Ce revendeur a donc intérêt à payer Canon au plus vite afin de bénéficier de la ristourne la plus intéressante. Cette pratique de vendre sans bénéfice apparent est légale et conforme au marché, basé sur la libre concurrence et la liberté des prix. Conforme à la moralité ou à l’éthique .....
Est-il conforme à une saine gestion d’une entreprise ? Certainement pas. Aucun commerçant ne peut tenir s’il ne dégage pas de marge suffisante pour payer les frais généraux, et les salaires. Je voudrais bien savoir combien est payé le vendeur. Donc certains se font de la pub à très peu de frais en faisant des coups sur un matériel précis à un moment bien choisi. Soit, mais ....

Les ristournes des importateurs aux distributeurs:
Pourquoi de telles pratiques sur du matériel photo et pas sur la baguette de pain ?
Canon et la FNAC sont cotés en bourse, pas le boulanger.
Il faut dire aussi que les ristournes à retardement des importateurs, consenties aux revendeurs, pourrissent le système. Elles favorisent ces coups déloyaux qui, au bout du compte, portent préjudice aux revendeurs spécialisés qui ne font que du matériel photo.
Un distributeur comme la FNAC qui fait 5 Milliards € de chiffre d’affaires annuel, qui a 3 millions d’adhérents, 20.000 salariés dans 130 magasins sur les 5 continents, achète-t’-il à Mr Canon le 7D au même prix que le revendeur spécialisé en photographie qui fait 2 millions € ?
J’en doute fortement et le fait d’avoir mis en place ces ristournes permet de les attribuer à tous les revendeurs et non pas seulement à la Grande Distribution. Comme cela, Canon (ou Nikon) peut dire:  «  vous voyez, tous pareil ». La question est de savoir si ces ristournes sont les mêmes pour tous.
Je pense que ces gros distributeurs ne vendent pas à perte car cela serait contraire à leurs objectifs. François Henri PINAULT, patron de la FNAC, de Surcouf, de Conforama, des Coop et j’en passe, indique:
« 
Ce qui importe, c’est que le groupe se renforce et puisse assurer une politique de dividendes sérieuse et équilibrée à l’ensemble de ses actionnaires ». C’est clair, non ?
Que certains fassent des coups, c’est sûr, mais une multinationale comme PPR .... Je pense même qu’il s’agit du début d’une stratégie semblable à celle qui a abouti à l’élimination de la quasi-totalité des disquaires et des libraires de nos villes. Cela par une politique de prix au plus bas, permise précisément par des achats moins chers aux éditeurs de livres ou de disques. En fait, comme dans la grande distribution alimentaire, la grande distribution du multimédia et de la culture fixe aussi le montant des marges arrières. Francis COMBES, Président de l’association l’Autre livre, qui regroupe les Editeurs indépendants indique:
«
 La FNAC impose des conditions difficiles: il faut d’emblée 40% de remise, contre 30% en moyenne. Ce n’est pas écrit, mais c’est la pratique ». Je ne dis pas que la multinationale FNAC impose ses prix à la multinationale Canon (ou Nikon), je pense qu’ils sont complices et qu’ils n’ont rien à f....e des conséquences en bout de chaîne.
Au bout du bout, c’est le photographe qui en supportera les conséquences si le revendeur spécialiste est obligé d’optimiser pour éviter de couler face à la grande distribution.
Imaginons qu’Objectif Bastille mette la clé sous la porte. Nous serons obligés d’acheter à la grande distribution, au prix fort et avec un service nul.
Donc, tout a un prix et surtout le service. Demandez donc à la FNAC de vous prêter gratuitement un boîtier le temps de la réparation du vôtre, et vous comprendrez pourquoi
« La grandeur d’un artiste se mesure aux tentations qu’il a vaincues ». (Albert Camus).






Photo: Daniel Castets - REGARDS DU SPORT- Le Cadre Noir de Saumur

Tableau des boîtiers numériques professionnels:
Tout le monde attend l’arrivée du Canon 1DMarkIV et du Nikon D3S pour alimenter les conversations sur l’AF et sur le bruit.
Le Nikon D3S vient d’arriver à Objectif Bastille.
Le Canon1D Mark III n’est plus commercialisé et son successeur, le 1D Mark IV, est annoncé pour ... prochainement.
En attendant, c’est ici que vous trouverez le tableau actualisé des boîtiers numériques professionnels (neuf et occasion) chez Objectif Bastille.


La Grenouille vous souhaite de bonnes fêtes de Noël