Quand les ingénieurs s’en mêlent !
Ceux qui me connaissent savent que je suis un fêlé de la technique. Je ne crois que ce que je vois et surtout pas ce que l’on me dit de croire.
La science assène des principes, des théorèmes inébranlables qui sont pourtant parfois ébranlés, non pas dans leurs principes mais dans leurs limites sans cesse repoussées. Ce qui était affirmé comme inaccessible hier est largement dépassé aujourd’hui. Qui aurait imaginé que ?
Certes le marketing est roi et influence grandement la commercialisation de certaines technologies au détriment d’autres, tout simplement parce que les premières rapporteront plus d’argent que les secondes. Si les premières rapportent plus que les secondes, c’est aussi parce qu’elles répondent à un besoin de la part des acheteurs. Chacun sait qu’un besoin, cela se suscite, se créé, se fabrique. Les gens ne sont pas cons par nature, il suffit de les éduquer pour qu’ils le deviennent. Ca y est je dérape ….

Pour répondre à un besoin (celui là, justifié) exprimé par les photographes sportifs, « d’augmenter la sensibilité » des capteurs, Nikon a sorti le D3 et le D700. Pour cela il a imité Canon en abandonnant le CCD pour le CMOS et a fabriqué le plus gros pixel du moment (format 135) afin d’atteindre les 6400 ISO. Il a donc fabriqué un capteur qui démarre à 200 ISO, en décalant vers le haut la plage de fonctionnement et en améliorant aussi le traitement du fichier.
Nikon est donc passé d’un pixel de 5,5 micron du D2X à un pixel de 8,5 du D3.
Donc d’une surface de 30 pixels carrés à une surface de 71 pixels carrés. L’air de rien ce n’est pas la même chose. L’opération était indispensable pour à la fois augmenter le sensibilité mais aussi la qualité du fichier qui était en deçà de celle des Canons pro.
Mission accomplie.
Canon, vient de lancer la riposte avec le 5D Mark II, un plein format qui est le successeur du 5D. Ce boîtier qui n’est pas un boîtier sportif, mais destiné à l’illustration, au reportage « statique » au mariage, au studio, etc … fabriquera des fichiers de 100 à 6400 ISO. Le fichier pèsera 60 MO soit le double du 5D mais aussi du 3D de Nikon.
Le pixel passera de 8,4 microns à 6,2 microns (5D). Pour faire plus de pixels Canon n’a eu d’autres solutions que d’en diminuer la taille car les dimensions du capteur sont inchangées.
La question est donc :
Un pixel plus petit sera t’il aussi bon qu’un pixel plus grand ?
En théorie non. Sauf si la fabrication de ce pixel subit un nouveau traitement qui le rende non seulement aussi beau, mais encore plus beau.
Serais-ce le cas, des fichiers du nouveau 5D II dont le pixel est plus petit que celui du 5D ?
En toute logique, oui. En 3 ans, les ingénieurs ont bossé et je ne vois pas Canon sortir un fichier moins bon que son prédécesseur.
N’étant jamais convié aux pince-fesses de Canon, je n’ai pas de fichiers perso qui me permettraient de répondre aux centaines de questions que vous me posez. Comme je vous l’ai indiqué plus haut, je ne vous rappellerai pas. Je ne vais pas me fier non plus à ce qui circule actuellement sur le net. Il faudra attendre que des gens de confiance me donnent des infos et que Canon me prête un boîtier.
Le fichier du Canon 5D II est le plus costaud du monde (à égalité avec celui du DS Mark III)
Canon avec ce boîtier a repris l’avantage sur Nikon au niveau de la définition. Pour la beauté à 100, 200, 400, 800, 1600, 3200 ISO, il faudra être patient.

Les constructeurs font du lifting :
Vous voulez faire des photos à 6400, 12800, 25200 ?
Pas de problème, on va vous faire un petit miracle mais attention, si c’est bon pour le papier journal à 25200 ISO, il ne faudra y regarder de près pour faire un 50 x 70.
Les noirs seront bouchés, les blancs aussi. Le lissage sera tellement poussé pour supprimer le bruit que le pépé aura des bajoues du bébé.
J’ai fait des portraits de Sharon Stone en 98, elle était à l’apogée de sa beauté (40 ans). Elle a voulu retrouver ses 20 ans en se faisant lisser le fichier. Plus une ride, mais ce n’est plus Sharon Stone. C’est une jeunette qui ne ressemble à rien. Une poupée Barbie.

On n’augmente pas facilement la sensibilité d’un capteur. Cette sensibilité est liée aux caractéristiques physiques du pixel.

Augmenter la sensibilité d’un capteur de manière artificielle provoque une augmentation du bruit et supprimer ce bruit provoque des effets secondaires, notamment une perte de nuance dans les basses et hautes lumières. Bien entendu tout cela est fait grâce à la tambouille logicielle et au processeur plus rapide chargé de faire les calculs.

Si c’est cela que vous vouliez, vous l’avez.

On fabrique du confort à la prise de vue au détriment de la qualité de l’image. On fait un lifting au fichier.
Moi, ça ne m’intéresse pas. Moi, je veux du beau. Je veux de la Kodachrome ou de la Velvia au Blad.
Heureusement, les ingénieurs de Canon ne sont pas partis tête baissée dans cette voie. Quand on est demandeur du 25200 ISO dégueu on peut sans problème se contenter d’un zoom qui ouvre à 4 ou à 5,6 et travailler au 1/4000 si on a trop picolé.
Canon sort en même temps un nouveau 24mm qui ouvre à 1,4. C’est un signe positif que les ingénieurs travaillent sur la qualité. A 1,4 on peut bosser à 100 ISO et quel beau fond on aura.
Pour bien comprendre la chose, faites une photo à 100 ISO et une autre (la même) à 25200 ISO. Comparez, vous comprendrez.
La mauvaise qualité du papier cache les défauts du fichier Il suffit d’imprimer une photo à 25200 ISO sur un quotidien et la même avec du jet d’encre sur papier Fine Art. Comparez, vous comprendrez.

Faire des capteurs qui font du 25200 ISO pour le papier de la presse quotidienne à 75 lpi, c’est bien.
Faire des capteurs qui font du 100 ISO pour le papier à 200 lpi, le jet d’encre, la PUB, c’est mieux.
Pour conclure, les 25200 ISO sont utiles pour faire confortablement de l’info quotidienne. Le photographe restera à des sensibilités moindres pour chercher la qualité.
J’espère que les fabricants arrêteront la course à la haute sensibilité pour privilégier la recherche sur le rendu des tons, des teintes et des nuances.
Jusqu’à aujourd’hui, le fichier du Canon 1DS Mark III à 100 1SO reste le plus beau du monde.




Le 5D MarKII fait du cinéma :

La révolution n’est pas on l’on croit qu’elle est …..
Que Canon sache faire de beaux fichiers, on le savait, mais ce boîtier apporte autre chose. La nouveauté c’est de pouvoir faire de la vidéo HD. J’ai vu des séquences, c’est autre chose que du caméscope. C’est du pro et du beau pro.
L’air de rien Canon est en tain de faire à la TV ce que le Numérique a fait à la photo.
Mettre à la disposition de Monsieur tout le monde un outil qui vient concurrencer les pros de la vidéo qui alimentent les sites Internet et les JT.
Très facile pour un photographe de faire à la fois photo et vidéo car bien entendu on peut filmer et faire une photo à tout moment (perte d’une seconde de la vidéo). Le fichier vidéo est un .mov, c’est-à-dire immédiatement exploitable sans avoir à faire un tas de manipulations compliquées.
Voilà un cas ou la technique va contraindre le juridique à bouger. Faire de la vidéo sur certains évènements est strictement interdit alors que la photo est autorisée. Qui va contrôler les cartes flash et se qui passe dans les tuyau de la 3G+ et du WiFI ?

Le 5D Mark II sera t’il interdit de stade par l’UJSF ?
Ben oui quoi, L’EQUIPE à une Chaine TV, non ?

Au fait, je ne résiste pas à vous faire profiter de la photo ci dessous que m’a envoyé Eric.

Bien entendu, c’est un montage.


Au sujet de l’UJSF, pas de nouvelle.
J’avais posé 2 questions en Juillet dernier. Tous les dirigeants le L’UJSF en ont été destinataires.

Je rappelle ces 2 questions :

-       Question N°1:
Pourquoi un photographe professionnel indépendant français (sans carte de presse) peut-il travailler à PEKIN et pas à PARIS ?

Réponse de l’UJSF :
On attend toujours 
-       Question N°2 :
Quelle loi a chargé L’UJSF d’interdire ou d’autoriser un photographe professionnel Indépendant français (sans carte de presse) de travailler en France sur les stades et dans les salles de sport ?
Réponse de l’UJSF :  On attend toujours 
Silence radio donc …
La charge héroïque et pas très cavalière de Secrétaire Général Jean François RENAULT contre Gérard VANDYSTADT a été retirée du site Internet de l’UJSF mais Gérard ne peut toujours pas travailler dans les lieux surveillés par les gardiens du temple que sont André DECARNELLE et Bernard LEMAURE.
Si l’UJSF est restée muette, c’est peut être qu’il lui est difficile de répondre …….
Il faudra qu’ils répondent un jour.
Le plus tôt serait le mieux, car le préjudice grossit, grossit ….