is back
Le Magazine “Le Photographe” ne paraîtra plus.
Le groupe Mondadori, propriété de Berlusconi a décidé d’arrêter le Magazine.
Motif, baisse de la pub mais certainement aussi baisse des ventes, comme cela est le cas pour beaucoup de Magazines.
Les annonceurs profitent de la crise pour justifier le retrait de leurs annonces.
En réalité, ils communiquent au travers de leurs sites maison ce qui leur permet de maîtriser totalement leur message et donc leur marketing. Les 20.000 lecteurs du Photographe (payant), sont avantageusement remplacés par les centaines de milliers d’internautes qui vont s’informer gratuitement, sans bouger de leur fauteuil sur le (les) site de la marque.
La critique du matériel par des journalistes spécialisés, pour quoi faire ? Trop contents d’écarter les gêneurs.
Cet exemple témoigne de la crise globale de la presse en général et de la photographie en particulier.


Les patrons des Agences Photos se révoltent ?
Meuu noon, je rigoole !
Mais enfin, c’est presque ça.
Des patrons d’Agences Photographiques se mettent à « gueuler » contre les microstocks, c’est sympa non ?
Il leur a fallu 10 ans pour réagir, mais ils réagissent. C’est cool. Oui justement c’est cool, mais a bien y regarder ce n’est pas si cool que ça.

Entre professionnels, privilégions une information vérifiée et de qualité.

C’est la conclusion du
communiqué commun des 3 Syndicats d’Agences Photos que sont la FNAPPI, le SAPHIR et le SNAPIG publié en Avril dernier.
Pour résumé, je dirai que ce communiqué met en avant des arguments juridiques réels pour faire comprendre aux diffuseurs qu’ils ne doivent plus acheter de photos aux microstocks car ces photos sont douteuses et donc source de problèmes. Ce communiqué ne va pas au fond des choses et le mot « photographe » n’est jamais « prononcé », ce qui est significatif. Pourtant qui dit Agence Photos dit photos. Et qui dit photos dit photographes, non ?
Parler des photographes conduit à parler de leur situation catastrophique, de leur rémunération et donc du droit d’auteur.
Sur ce sujet, a savoir les prix pratiqués par les microstocks, la position de ces syndicats est savoureuse:

De telles conditions de prix de cession s’expliquent-elles ?
Oui mais, il s’agit d’un tout autre produit”
.

Ils ne remettent pas en cause les photos gratos ou a 1 Euro, ils disent que la médiocrité du produit justifie le prix.
Amis photographes, il sera difficile de compter sur ces syndicats professionnels pour mener un combat commun pour la défense du CPI.
Dommage, j’ai failli y croire.
Au fait, rien non plus sur l’HADOPI qui flingue le pouvoir d’achat des photographes. Qui ne dit mot, consent.
Le pouvoir d’achat des photographes est-il la préoccupation des Agences ? Je ne le pense pas. Les Agences sonnent le tocsin car elles sont de plus en plus en difficulté à cause de la concurrence déloyale des microstocks. Elles sont prises à la gorge car les recettes baissent vertigineusement et le réflexe est donc de diminuer les dépenses donc de tailler aussi dans la part du photographe ou de ne plus lui donner sa part du tout. Dans ces conditions défendre le droit d’auteur est évidemment une hérésie.
La réaction d’Alain Frilet, nouveau Directeur de la Rédaction d’Eyedea est surprenante mais néanmoins significative quant il affirme que le sauvetage de son Agence passe par le mécénat (Le photographe N° 1675).
Rien sur Corbis et Getty, propriétaires de microstocks utilisés comme des torpilles contre le CPI. Pour le non initié qui ignore qui possède qui (et quoi) l’attitude des Agences est incompréhensible.



Roland Garros, le révélateur:
Le milieu de la photographie sportive a au moins un avantage, celui de dévoiler qui est « le chef » du moment. Les grands événements attirent des centaines de photographes venant des 5 continents et la place qu’occupe chacun reflète la puissance économique et politique de la structure pour laquelle il travaille. Les auteurs photographes indépendants et autres petites structures et agences sont « relégués aux chiottes ». Ils ne pèsent rien.
Lors d’une précédente Grenouille, j’avais déjà évoqué la particularité de Roland Garros pour me féliciter de la manière dont les accréditations étaient distribuées. Les choses ont dû bien changer, en peu de temps.


Photo: Gérard Vandystadt & Christian Petit - REGARDS DU SPORT - Roland Garros 2009
Un clic sur la photo pour visionner plus de 7000 photos de tennis sur le site de REGARDS DU SPORT France

224 photographes représentant 50 nationalités couvraient la compétition.
Sur ces 224 photographes 17 d’entre eux travaillaient pour Getty, soit 8%.
Des photographes salariés ? Pensez vous:
- 9 photographes pour AFP associée à Getty
- 3 photographes pour Wire Images, agence people récemment rachetée par Getty.
- 2 photographes pour Sport Illustrated, diffusé par Getty
- 3 photographes de Getty ex Allsport

Bien entendu, c’est un photographe de L’AFP qui participait à placer les photographes et bien entendu
Gérard Vandystadt et Christian PETIT de REGARDS DU SPORT ont été écarté de l’accès sur le court pour la remise des prix. Bien entendu, c’est mieux de favoriser « les américains » que les petits Français fussent-ils des pointures. L’hommage du vice à la vertu ?

Comme Gérard, je ne peux m’empêcher de comparer ce qui se passe aujourd’hui dans la photo à la manière employée par les romains pour occuper l’Europe.
Une armée de photographes pour Getty, (ou plutôt de mercenaires qui n’ont d’autre choix pour vivre) qui occupe le terrain, favorisée par les locaux (AFP) qui ouvrent grandes les portes et collaborent au pillage photographique.
Pour Roland Garros 2009, sur les 9656 photos diffusées sur le site de Getty, 5494 sont produites par les photographes AFP, soit 57%.
Sachant que Getty n’a pas un seul photographe salarié en France, pas plus que de desk-photo, on mesure le « service » considérable que l’AFP apporte aux Américains. Tout ça aussi avec nos impôts.
On peut être sûr que la manip sera reproduite pour le Tour de France qui est le plus grand événement sportif après la Coupe du Monde de Foot, etc, etc...
Il va de soi que mon courroux envers les dirigeants de l’AFP et autres stratèges, ne concerne en aucune façon l’ensemble des photographes de l’AFP qui mesurent les dégâts et font de leur mieux pour sauver l’indépendance de la plus belle Agence de la planète, mais aussi le CPI.
Mais « le chef », en France, est-ce encore l’AFP ou plutôt et irrémédiablement Getty/USA ?





Justice: Une bonne nouvelle, enfin
Sept ans après le dépôt de leur plainte en contrefaçon (en 2002) contre leur employeur, les 26 photographes de l’AFP viennent d’obtenir satisfaction auprès de la Cour d’Appel de Paris
(22eme chambre sociale du 9 Juin 2009).

Que vous soyez photographes salariés ou auteurs, la décision du tribunal est d’une importance capitale car elle fait jurisprudence sur la publication des photos sur Internet, mais surtout le tribunal a exigé l’application stricte du CPI en matière de droit moral et patrimonial.

La cour a condamné le fait que la Direction de l’AFP ait reproduit et diffusé des photos des photographes salariés sur le site Image-Forum sans avoir l’autorisation des dits photographes et cela malgré la clause du contrat qui stipulait que les photographes autorisaient l’AFP de reproduire et diffuser:
« par quelque moyen, sous quelque forme et en quelque langue que ce soit, aussi souvent qu’elle l’estime utile, les articles et photographies que vous réaliserez dans l’exercice de vos fonctions à l’agence ».
Ce contrat avait été signé avant la création d’Image-Forum et la Direction de l’AFP avait décidé autoritairement de commercialiser, refusant toute négociation avec les photographes et les syndicats.
La Direction de l’AFP a aussi basé son argumentaire sur la non originalité des photographies, demandant de fait aux photographes de prouver que leurs photos étaient des oeuvres originales, ce qui est évidemment impossible.
La cour a rappelé que même si la rémunération des photographes salariés pouvait être forfaitaire, dans le cas présent, chaque vente devait faire l’objet d’un acte de cession de droit d’auteur précisant le domaine d’exploitation, l’étendue, la durée et le lieu. C’est, ni plus ni moins le respect du CPI.
Cela veut dire aussi que la cession globale des oeuvres futures est interdite. Cela veut dire que si, dans un contrat entre l’employeur et le photographe, il existe une clause qui indique que le photographe cède ses droits pour sa production à venir, cela n’a aucune valeur. Mettre cela dans le contrat est tout simplement illégal. C’est logique, car comment céder les droits d’une photographie qui n’existe pas, qu’on ne connaît pas ?
En droit, c’est une hérésie et nous sommes dans un état de droit.
Cela veut dire aussi qu’il appartient à l’employeur ou au diffuseur de prouver la non originalité de la photographie et non au photographe de prouver son originalité.
La cour n’a pas interdit à l’AFP de continuer à commercialiser compte tenu du rôle important qu’elle joue dans l’information internationale, mais elle l’a condamné à verser une
provision de 4000€ à chaque photographe et 2000€ pour les frais de justice.
L’intérêt de cette décision, c’est qu’elle oblige la Direction de l’AFP à négocier avec les photographes et que le résultat de cette négociation va « arroser » toute la profession.
D’autre part cette décision du tribunal remet en cause la « délégation de couverture » entre l’AFP et Getty-USA si les négociations n’aboutissent pas.
BINGO, le cour a tapé en plein dans le mille.
L’entêtement des patrons d’Agences, de certains diffuseurs à s’opposer à toute négociation pour reexaminer de nouvelles conditions de rémunération du droit d’auteur respectueuses du CPI, mieux adaptées aux nouvelles pratiques du numérique, est ainsi « enfoncée » par la justice. Reste aux photographes, à leurs organisations, aux diffuseurs intelligents et à leurs organisations à se mettre autour de la table pour trouver des solutions qui garantissent à tous les moyens de vivre et de prospérer.
Il va quand même falloir « pousser » un peu.

Signalons aussi le rôle important joué par la SAIF sur ce dossier.
Je ne saurai trop conseiller aux photographes d’y adhérer. Ce n’est pas cher et ça peut rapporter gros.



UPC, c’est parti !
Ca y est l’UPC a relancé son plan de bataille qui se poursuit actuellement aux Rencontres d’Arles.
Vous trouverez toutes les infos sur le
site de l’UPC
Autre bonne nouvelle, l’UPC a rendu son barème accessible à tout le monde ce qui créé les conditions d’une unification plus grande des photographes en leur donnant une base de négociation avec les diffuseurs.
Je ne saurai trop conseiller aux auteurs photographes d’adhérer à l’UPC.