Photo: Daniel Castets - REGARDS DU SPORT- Pommes à la neige

La Grenouille vous souhaite une Bonne Nouvelle Année !

Au sommaire
- Regardez-moi comme je suis beau.
- Canon Twitter, sortie de route, mais...
- C’est moi qui ai la plus grosse.





Regardez-moi comme je suis beau !
Autrefois (il y a très longtemps) j’étais un fan des débats politiques à la TV. Aujourd’hui je n’en regarde plus aucun.
Il faut croire que j’ai changé, ou que la TV a changé.
Je me contente de France Culture où les débats ne dépassent pas deux « adversaires » avec un journaliste qui veille à ce que le sujet soit correctement traité. C’est instructif et apaisant.
A la TV, tout est spectacle. Une demi douzaine, au moins, qui gueulent tous ensemble, applaudis par des gogols qui éructent à chaque bon mot, souvent creux. Et bien entendu, une marche au dessus (et même deux ou trois) le journaliste animateur qui se pavane, qui ne supporte pas d’être contredit, qui veut toujours avoir raison même s’il a tort. Un mégalo qui se sert de ses invités (toujours les mêmes) pour jouir de sa position. Regardez moi comme je suis beau.
Bien entendu, il y a des exceptions, mais la tendance lourde est là.
Cette mégalomania, cet esprit de supériorité « dégueule » sur les stades, à croire que pour exister il doivent écraser tout ce qu’il y a autour.
Les photographes sportifs en savent quelque chose.
Les meilleures places pour la TV, la lumière réglée pour la TV, les accès rapides pour la TV, le parking pour la TV, la bouffe pour la TV....
Pour les photographes, les restes, quand il y en a.
Pire, le dédain.
Non Daniel, ce n’est pas du dédain, c’est la folie du direct. On compense le manque de fond par de l’agitation permanente. On est condamné à s’agiter comme des diables pour garder les télespectateurs devant leur écran. On ne s’occupe pas de ce qui se passe autour, on fonce et peu importe si on vous empêche de travailler. Si moi je ne le fais pas, c’est un autre qui va le faire, tu vois ce que je veux dire ?
Le pire, c’est la surenchère. Il faut toujours en faire plus que les concurrents. On n’est pas apprécié pour la qualité de nos cadrages, mais à notre capacité à faire du jamais vu. On ne nous demande pas d’être des artistes mais des kamikazes, alors il y a des dégâts.



Photo: Gérard Vandystadt - REGARDS DU SPORT- Moi, moi d’abord ... !

Voilà le parfait exemple de ce que les photographes de sport vivent tous les jours. Un irrespect chronique. Un athlète agressé par un zozo qui lui filme les poils de nez. Ce n’est plus du reportage, c’est du « viol »


Photo: Gérard Vandystadt - REGARDS DU SPORT- Un comportement respectueux.

Une ambiance détendue avec des athlètes complices, intéressées par le travail des photographes. Tout le monde s’amuse. Une autre dimension ....


- Que veux tu Daniel, eux ils payent, donc ils ont ce qu’ils veulent et bientôt tu n’auras plus le droit d’être là.
- ??
- La TV, c’est aussi la TV par le net et plus ça va, plus ils veulent l’exclusivité des images. Avec tes appareils photos qui font de la vidéo tu es soupçonné de vouloir leur faire concurrence. Voilà pourquoi on a viré tous les photographes cet après midi.
- Non non pas tous, il y en a quelques centaines dans les tribunes, qui ont du bon matos et qui vont alimenter les microstocks en photos à 14 cts
- Ca non plus, ça ne va pas durer.
Nikon et Canon ne nous ont pas rendu service en introduisant la vidéo dans nos appareils photos. J’avais déjà soulevé ce risque lorsque le 5D Mark II était sorti. Bien entendu Nikon a suivi Canon des fois que ... Les deux compères se gargarisent d’écouter les doléances les photographes professionnels pour améliorer le matériel. Je ne connais pas un seul photographe qui ait demandé la vidéo, et quand je dis, pas un seul, c’est pas un seul.





Canon Twitter: sortie de route, mais ...
Quand ça va trop vite, ça va trop vite !

Voilà 2 ans, Canon France restait muet sur les péripéties de l’AutoFocus du Mark III. Ils étaient cul de plomb; personne ne mouftait. Pas une seule réponse aux questions des photographes. Une communication nulle. S’en sont suivis les déboires commerciaux de l’appareil qui au bout du compte est le meilleur que Canon ait jamais fourni aux sportifs (en attendant le Mark IV).
Deux ans après, Canon communique « à fond la caisse » en utilisant l’outil le plus rapide du moment, Twitter.
Vous savez le truc qui vous permet d’envoyer un message court (max 140 caractères) à des centaines de personnes en même temps. Le truc préféré des accros de la com, de la vitesse, dôtés d’un moi hypertrophié. Ils ne sont pas tous des agités du bocal, des psychopathes, des superactif, qui jouissent en envoyant une rafale de 1000 ou 2000, mais ça y ressemble.
Et voilà que Canon France lance son propre tweeter.
Twitter, c’est faire connaître, à l’aide de son ordinateur ou de son téléphone portable, ses états d’âme sur n’importe quel sujet, à n’importe quel moment, de n’importe où, sans prendre le temps de la réflexion, sans prendre de recul sur un événement. C’est le moyen idéal pour dire des conneries dont on se mord les doigts quelques minutes après.
C’est grâce à Twitter que certains politiques français, qui ont voulu « être tendance », se sont retrouvés piégés comme des c..s par des « twits » insuffisamment réfléchis
C’est exactement ce qui est arrivé à Canon France le Mercredi 9 Décembre.
Canon est passé « du rien au tout ».
Le premier mail de Thomas me signale la chose ci-dessous:
« C'est pas honteux, ça ? »

Traduction: Eh oui, il faut traduire car sur Twitter on économise les lettres de l’alphabet.
Help! Pour un sujet dans un grand magazine national, l’un de vous aurait-il une photo libre de droit de quelqu’un en train de shooter au téléobjectif svp ?
Oui oui, vous avez bien lu, Canon fait aussi un appel au peuple pour avoir une photo gratos.


- 1 heure plus tard:

Le pauvre chou, il bosse chez Canon et ne connaît rien au CPI et à la déontologie.


- 1 heure plus tard:


Faute avouée, .......
Eh oui, c’est la faute de «
 la précipitation de l’admin ».
Quand on a un revolver dans la poche, on s’en sert un jour, même si le « coup part tout seul ».
Oui, bon, si le coup part dans la poche ....
;-)
Twitter est un outil très dangereux à ne pas mettre entre toutes les mains surtout lorsqu’on veut communiquer avec des photographes qui ont les nerfs à fleur de peau.
Tout cela n’est pas très grave car « 
Canon se bat pour les photographes et leurs droits ».
Je ne savais pas que Canon avait signé la pétition de l’UPC.
Il y a les mots et il y a les actes
.
Un twit de Canon, c’est un twit de Canon, c’est la parole officielle de Canon France et c’est normal que cela soit interprété comme cela.
Même si le Twitter Canon est destiné à Monsieur tout le monde (dixit l’admin), il est évident que le photographe professionnel qui est abonné se considère légitimement destinataire et donc impliqué.
Bon, maintenant il ne faut pas en faire un fromage car ça fait 20 ans que je côtoie les « Canon’s boys » et ils n’ont jamais porté atteinte aux droits d’auteurs des photographes. Ils ont toujours respecté les règles. Donc, pour moi, affaire classée.
Je vois même dans la mise en place de ce twitter une volonté d’informer les photographes le plus rapidement possible et donc d’apporter une réponse à leurs besoins exprimés ces dernières années. Le changement de direction a été trop violent et a provoqué une embardée.
Ce twitt m’a quand même permis de découvrir une partie du site Canon qui propose des vidéos sur le matériel. Il prouve là son intérêt.
http://www.canon-live.fr/
Je constate que Canon a les moyens techniques et humains de faire des vidéos précises et compréhensibles, ce qui n’est pas facile. Dommage que ces vidéos soient plus informatives que formatives.
Dommage, par exemple, que les réglages de l’AF du MarkIII, qui ont demandé 2 ans pour être détaillés sur papier, n’aient pas été développés sur ce site.
Donc, il serait plus intéressant d’avoir un twitter pour les photographes professionnels qui renvoie sur un forum Canon Pro réservé aux photographes équipés Canon (dûments répertoriés CPS). Un forum où chacun donne sa vraie identité (anonymat interdit). Un Intranet réservé aux CPS. Il est évident que le modérateur devra être au fait des lois, des règles, des coutumes, avoir des nerfs solides et une bonne dose d’humour.
Pour aller jusqu’au bout, les moyens « modernes » de communication ne remplaceront jamais le contact physique fréquent qui permet d’entretenir des rapports de confiance. Voilà pourquoi, Canon devrait rapatrier son service pro à Paris.





2 ans de Garantie pour le nouveau 1D Mark IV
Evidemment « c’est mieux que rien » mais c’est loin de ce qu’avaient espéré les possesseurs du 1D Mark III qui bénéficiait déjà de ces 2 ans de garantie. Ils avaient espéré un dédommagement à la mesure des misères qu’ils avaient subies pour dompter leur boîtier.
Ils avaient espéré une vrai prime de fidélité.
Une ristourne immédiate de 1000 € eût été la bienvenue.
Une mesure de nature à apaiser les esprits et à aider les photographes professionnels indépendants car, de toute façon dans 6 mois le Mark IV coûtera 1000 € de moins tout simplement parce qu’il il faudra écouler les invendus. D’autant démarrer sur les chapeaux de roue et éviter de les fabriquer, les invendus (et faire la pige au D3S) qu’Il restera encore de la marge pour faire tourner la boutique sachant qu’aux USA, le même boîtier, fabriqué dans la même usine est vendu 2000€ de moins qu’à Paris.
Alors Monsieur Canon, tu veux les reconquérir les photographes, oui ou non?






Regardez, regardez, « C’est moi qui ai la plus grosse ».
Après la course aux pixels, la course aux ISO

Photographier: « Ecrire avec la lumière »
Ca ne leur suffit pas, ils veulent nous faire écrire
sans la lumière.

Décidément le marketing a pris le pas sur la technique. Quand je parle technique, je veux dire technique au service de la création du photographe.
Les constructeurs ont fait, ces dernières années la course aux pixels faisant fi des appréciations des ingénieurs et des photographes avertis. Deux millions de pixels en 1995 pour le DCS 3, seize millions aujourd’hui, pour le 1D Mark IV.
Après des chiffres élevés en pixels, mis en avant sur toutes les pub, voilà les mêmes chiffres élevés en ISO.
Regardez, regardez,« C’est moi qui ai la plus grosse ».
Raconter des conneries à des ignorants, peut être, mais il ne faudrait pas pousser le bouchon trop loin.
Le numérique a fabriqué un petit miracle à savoir que le capteur voit des choses que les yeux ne voient pas.
Vous voulez bien me dire à quoi cela sert ?
Je parle philosophiquement , bien entendu.
C’est sûr que la philosophie des RG ou des Gendarmes, à qui cela peut être utile, c’est important.
De là à en faire le principal argument publicitaire .....
Vous en trouverez toujours quelques uns qui se gondoleront devant l’invisible et qui verront Dieu.
Au fait, essayez donc de faire un 40x60 à 102400 ISO.
Donc les petits derniers de Canon (1D Mark IV) et Nikon (D3S) font du 102400 ISO.
Stop, personne ne vous a demandé de faire du 102 400 ISO.
Tout ça c’est du marketing qui sert à justifier les prix exorbitants des boîtiers.
Faites nous des autofocus de plus en plus performants.
Implémantez une puce 3G+ pour envoyer des jpeg en direct sans ordinateur.
Faites nous des fichiers avec une belle et grande dynamique et un beau modelé.
Supprimez le bruit à 3200 ISO sans perte de détails dans les basses et hautes lumières. Stop au lissage.
Arrêtez de nous prendre pour des demeurés.
Ecoutez les photographes professionnels et arrêtez de vous palucher.

Ca y est les deux boîtiers sont à Objectif Bastille. Vous me demandez de faire un essai comparatif.
Si je peux car cela ne dépend pas que de moi. Je ferai des comparaisons sur la qualité du fichier car c’est facilement mesurable. Sur l’AF, c’est plus compliqué car il faut travailler en même temps sur un même sujet mobile avec les deux boîtiers. Pas facile, voire impossible pour moi.

Au fait, le tableau des boîtiers neufs et d’occasion est disponible ici

Bonne nouvelle, le Père Noël vient de passer à Objectif Bastille.
Le Canon 1D Mark IV est passé de 4990 € (prix pro TTC) à 4550 € soit 440 € de baisse.
Encore un petit coup comme celui là, lors des étrennes du nouvel an, pour les possesseurs de Mark III et c’est bon.





« L’oeil public » dépose le bilan:

Créée il y a une douzaine d’année, « l’oeil public » a décidé de déposer le bilan dans quelques jours.
Association, puis SARL, composée de dix photographes indépendants, « l’oeil public » avait valeur d ‘exemple pour les collectifs de photographes qui se sont créés ces dix dernières années pour tenter l’aventure d’une structure légère, avec frais réduits au maximum, avec du travail bénévole et une grande diversification des sujets.
« L’oeil public » était composé de photographes de talent qui ont sans cesse innové pour s’emparer des niches jugées plus rentables que le journalisme.
Bien qu’ayant licencié ses 4 salariés, le collectif n’a pas été capable de faire face à la baisse des ventes (50% en 2009) et surtout à la chute vertigineuse des droits d’auteurs.
Comment vivre en vendant des images à 14 cts d’Euro comme Fotolia ?
Mais à part ça , Madame la Marquise .......

Encore dix photographes qui ne renouvelleront pas leur matos cette année.





Un nouveau 300 chez Nikon:


Nikon AF-S 2,8/300 VR II ------------ Doubleur TC-20E III

L’arrivée d’un 2,8 de 300 est toujours un événement .
Le 300, c’est l’objectif incontournable pour les photographes de sport.
Nikon et Canon en sortent un tous les 10 ans. Le 300 c’est le rêve de tous les amateurs car c’est l’objectif qui fait la différence avec les poireaux. Le 300, vissé sur un monopode, permet de rentrer à l’oeil sur le stade de Mauléon d’Armagnac à condition de l’avoir barbouillé d’auto-colants usés avec les anneaux olympiques. Le 300, c’est le moins cher des grands téléobjectifs professionnels.
Celui là coûte 6660€ et le bouchon à côté (doubleur de focale) est à 580€ soit 870$. Vendu 550$ TTC aux USA. Quand je vous disais que le matériel c’est comme la bourse.
Bien entendu il est plus rapide que le précédent car il a un nouveau moteur et il fait de plus belles images car les lentilles ont subi un nouveau traitement. Il faut donc l’acheter.

;-)





Photographe auteur mode d'emploi
 
Destiné principalement aux photographes amateurs et aux diffuseurs d’images, le guide « Photographe auteur : mode d’emploi » a été édité par l’UPC dans le but d’apporter une information pratique sur le statut social et fiscal des photographes et sur les droits auxquels ils peuvent prétendre sur leurs images. On y retrouve précisément toutes les lois en vigueur en matière de droit sur les photographies. C’est là-dessous:
http://www.upc.fr/presentation.php?section=publications